Derrière l’auto-gare de Tchaourou, au quartier Okédama, un spectacle peu reluisant s’offre quotidiennement aux riverains et aux usagers du marché des petits ruminants. Au milieu des activités commerciales et à proximité immédiate des étalages de nourriture, un dépotoir sauvage s’est progressivement installé, plongeant la zone dans une insalubrité préoccupante.
À première vue, le constat est alarmant. Herbes envahissantes, ordures ménagères, déchets divers et autres immondices s’accumulent sur le site dans une indifférence apparente. Les odeurs nauséabondes qui s’en dégagent se propagent sur plusieurs mètres, rendant l’air difficilement respirable pour les populations vivant ou fréquentant les lieux.
Pour de nombreux habitants du quartier, la situation n’est pas nouvelle. Plusieurs riverains, ayant requis l’anonymat, affirment avoir multiplié les démarches auprès des élus locaux et des autorités municipales afin qu’une solution durable soit trouvée. Malgré ces alertes répétées, ils estiment que le problème persiste et s’est même aggravé ces dernières semaines, notamment après la célébration de la Tabaski.
« Il devient difficile de circuler dans la zone sans être incommodé par les odeurs. Respirer normalement est devenu un véritable défi », confie un habitant rencontré sur place.
Selon certains témoignages recueillis, les agents de la Société de Gestion des Déchets et de la Salubrité (SGDS) intervenaient autrefois dans le secteur. Cependant, leur présence se serait raréfiée au fil des mois, laissant place à une accumulation croissante des déchets.
Face à cette situation, les occupants du marché n’ont pas souhaité répondre aux sollicitations visant à comprendre les raisons de cette dégradation du cadre de vie. Ce silence ne fait qu’alimenter davantage l’incompréhension des riverains qui dénoncent une absence de responsabilité collective dans la gestion de l’environnement immédiat du marché.
Au-delà des nuisances olfactives, c’est également la question de la santé publique qui est posée. La coexistence entre des déchets en décomposition et des espaces de vente de produits destinés à la consommation soulève de sérieuses préoccupations. Dans une ville engagée dans des efforts d’assainissement et de modernisation de ses infrastructures marchandes, une telle situation apparaît difficilement acceptable.
Les populations riveraines quant à eux appellent les autorités compétentes à prendre des mesures urgentes pour mettre fin à cette insalubrité devenue chronique. Elles souhaitent notamment le rétablissement d’un système régulier de collecte des déchets, l’installation d’équipements adaptés et une plus grande responsabilisation des acteurs intervenant sur le marché.
En attendant une réaction des structures concernées, le dépotoir continue de gagner du terrain, au grand désarroi des habitants qui refusent de voir leur cadre de vie se transformer davantage en décharge à ciel ouvert.



