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Mairie de Cotonou : Deux démissions en quelques jours, la rigueur de Luc Gnacadja en question ?

Mairie de Cotonou : Deux démissions en quelques jours, la rigueur de Luc Gnacadja en question ?

L’administration communale de Cotonou enregistre deux départs en moins de deux semaines. Après le secrétaire exécutif, Anges Paterne Amoussouga, qui a déposé sa démission le 30 septembre 2026, c’est au tour de Manet Floriana Gazard, Personne responsable des marchés publics (PRMP), de quitter ses fonctions. Sa démission, présentée le 8 octobre, a été annoncée par le maire Luc Gnacadja lors de la session ordinaire du conseil communal du mardi 13 octobre. Les deux responsables ont évoqué des raisons personnelles pour justifier leur décision.

Le départ de la PRMP intervient dans un contexte marqué par des interrogations sur plusieurs chantiers communaux inachevés ou à l’arrêt. Selon les informations rapportées par plusieurs médias notamment beninwebtv.bj, Manet Floriana Gazard aurait été invitée à fournir des explications sur l’état d’exécution de certains marchés publics, les causes de l’abandon de travaux et les mesures envisagées pour y remédier. Toutefois, aucun élément ne permet, à ce stade, d’établir un lien formel entre cette demande d’explications et sa démission.

Quant au secrétaire exécutif, Anges Paterne Amoussouga, dont le départ a été accepté le 1er octobre, sa démission prendra effet le 31 octobre. Cette décision intervient également après un audit de gestion que l’Inspection générale des finances aurait conduit entre mai et juillet 2026. La municipalité a néanmoins précisé que l’acceptation de sa démission ne vaut pas quitus de gestion.

Face aux conseillers communaux, le maire Luc Gnacadja a réaffirmé ses exigences en matière de gouvernance municipale. « La rigueur et la transparence resteront notre leitmotiv, car Cotonou a besoin de crédibilité », a-t-il déclaré.

Mais qu’est-ce qui explique réellement cette succession de démissions au sein de l’administration communale de Cotonou ?

Faut-il y voir les effets d’une rigueur accrue et d’exigences de résultats imposées par le maire Luc Gnacadja, dont la probité et le sens des responsabilités sont reconnus, ou existe-t-il un malaise interne dont les causes restent à élucider ?

Dans un contexte béninois où la démission volontaire d’une fonction à responsabilités demeure relativement rare, deux départs en si peu de temps ne peuvent laisser indifférent. S’agit-il d’une nouvelle culture de gestion fondée sur la transparence, la redevabilité et l’obligation de rendre compte, ou de difficultés relationnelles et organisationnelles au sein de l’administration municipale ?

Pour l’heure, les raisons personnelles avancées par les intéressés ne permettent pas de répondre à ces interrogations. Il serait donc hasardeux d’attribuer ces départs à la seule rigueur du maire ou, à l’inverse, d’y voir la preuve d’un dysfonctionnement administratif.

Une chose demeure cependant : la gestion des affaires publiques exige de la transparence, aussi bien dans la conduite des dossiers que dans la compréhension des événements qui interpellent les citoyens. Au-delà des démissions, les populations sont en droit de s’interroger sur le suivi des chantiers communaux et sur les responsabilités des différents acteurs.

Simple coïncidence, conséquence d’une gouvernance plus exigeante ou symptôme d’un malaise administratif ? Les prochains développements permettront peut-être de mieux comprendre les raisons de ces départs successifs.