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Sénégal : Démission du Président de l’Assemblée nationale, Sonko pour le remplacer ?

Sénégal : Démission du Président de l’Assemblée nationale, Sonko pour le remplacer ?

Le paysage politique sénégalais connaît un nouveau séisme. Deux jours seulement après l’éviction du Premier ministre Ousmane Sonko, le président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, a annoncé sa démission ce dimanche 24 mai 2026. Une décision qui pourrait accélérer le retour de l’ancien chef du gouvernement au cœur du pouvoir institutionnel.

Dans une publication sur Facebook, El Malick Ndiaye a expliqué que son départ relève d’un « choix personnel », motivé par « l’intérêt supérieur de la Nation » et sa vision des institutions républicaines. Aucun détail supplémentaire n’a toutefois été donné sur les véritables raisons de cette démission, qui intervient dans un contexte politique particulièrement tendu.

Proche et fidèle allié de Ousmane Sonko, El Malick Ndiaye dirigeait l’Assemblée nationale depuis novembre 2024, à la suite de la victoire écrasante du parti Pastef aux élections législatives. Avec 130 sièges sur 165, la majorité parlementaire acquise par le mouvement de Sonko reste largement dominante.

Cette vacance au perchoir ouvre désormais un scénario de plus en plus évoqué à Dakar : l’élection d’Ousmane Sonko à la tête de l’Assemblée nationale. Une option stratégique qui permettrait au leader du Pastef de conserver une forte influence politique après son départ de la Primature.

Selon un document officiel publié dimanche soir, les députés sont convoqués en séance plénière mardi matin pour examiner la réintégration d’Ousmane Sonko comme député avant de procéder à l’élection du nouveau président de l’Assemblée nationale.

La crise actuelle trouve son origine dans la rupture spectaculaire entre le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre. Vendredi soir, Bassirou Diomaye Faye a mis fin aux fonctions d’Ousmane Sonko après plusieurs mois de tensions internes au sommet de l’État.

Les deux hommes avaient pourtant conquis le pouvoir ensemble en avril 2024, portés par une forte adhésion populaire et une promesse de rupture politique.

Le chef de l’État devra désormais nommer un nouveau Premier ministre, dont la désignation devra être validée par l’Assemblée nationale dans un délai maximal de trois mois. Mais avec un Parlement largement acquis au Pastef et à Sonko, l’équation politique s’annonce délicate pour le président sénégalais.

Autre élément important : la Constitution ne permet pas au président de dissoudre l’Assemblée nationale avant novembre 2026, soit deux ans après les législatives. Une contrainte institutionnelle qui laisse au camp Sonko une importante marge de manœuvre politique dans les prochains mois.

Avec cette nouvelle séquence, le Sénégal entre dans une période de recomposition politique où chaque mouvement au sommet de l’État pourrait redessiner les équilibres du pouvoir.