L’Agence Nationale d’Identification des Personnes (ANIP) a célébré, mercredi 16 septembre 2026 à Parakou, la Journée Internationale de l’identité. La rencontre a permis de faire le point sur les réformes engagées dans le domaine de l’état civil, la sécurisation des données personnelles et les mécanismes mis en place pour garantir l’accès de tous à une identité légale.
La cérémonie a rassemblé à Parakou plusieurs acteurs intervenant dans la chaîne de l’identification. Des maires du département du Borgou, des professeurs de l’Université de Parakou, des membres du Conseil d’administration de l’ANIP, des magistrats, des responsables de l’Agence, le Directeur de l’état civil, des partenaires techniques ainsi que des étudiants et élèves ont pris part aux échanges.
Célébrée chaque 16 septembre en référence à la cible 16.9 des Objectifs de développement durable, la Journée Internationale de l’identité vise à promouvoir l’accès de chaque personne à une identité juridique. Alors que l’échéance internationale est fixée à 2030, le Bénin ambitionne d’atteindre cette cible dès 2028.
Dans son intervention, le Directeur général de l’ANIP, Aristide Guy ADJINACOU GNAHOUI, a insisté sur le caractère transversal de l’identité. De l’enregistrement de la naissance à l’accès à l’éducation, aux services publics et à la vie professionnelle, l’existence administrative d’un individu conditionne une partie importante de son parcours citoyen.
Placée sous le thème « Mon identité, mon ombre. Jamais séparés », l’édition 2026 a surtout mis l’accent sur les réponses concrètes aux difficultés rencontrées par certaines populations pour disposer de documents d’identité.
Parmi les évolutions présentées figure la possibilité, dans certaines conditions, d’enregistrer des enfants de moins de 14 ans sur réquisition du procureur de la République et sous témoignage. Cette mesure découle du décret N°2025-679 et vise notamment les enfants qui n’ont jamais été déclarés à l’état civil.
« Aucun enfant ne doit être invisible à l’État », a déclaré le Directeur général de l’ANIP, mettant en avant l’objectif d’une couverture plus complète du système national d’identification.
Autre annonce majeure : avec l’appui de l’UNICEF, l’ANIP procédera à la délivrance gratuite des actes de naissance aux enfants de moins de 14 ans qui n’en ont jamais obtenu, du 16 au 30 septembre 2026. Une opération qui s’inscrit dans la volonté de réduire les situations de non-enregistrement et de rapprocher les services d’état civil des populations concernées.
Les discussions ont également porté sur les mécanismes de vérification des documents d’état civil et d’identité, la lutte contre la fraude documentaire et l’usurpation d’identité, ainsi que sur les enjeux liés à la cybersécurité et à la protection des données personnelles.
La digitalisation du renouvellement de la carte nationale d’identité biométrique a également été abordée. À travers cette évolution, l’ANIP entend simplifier davantage certaines démarches tout en renforçant les dispositifs de sécurisation de l’identité numérique et physique des citoyens.
La rencontre de Parakou a enfin servi de cadre au lancement du service « Mon identité autrement », présenté par Adebissi ADÉDJOUMA, Directrice des Données à l’ANIP.
À travers ces différentes initiatives, l’ANIP poursuit la transformation du système national d’identification et de l’état civil. L’enjeu dépasse désormais la simple délivrance de documents administratifs : il s’agit de construire un système dans lequel chaque personne peut être identifiée de manière fiable, son identité vérifiée et ses données protégées.
Pour le Bénin, l’objectif affiché est donc de parvenir à une identité juridique accessible à tous, avec une attention particulière aux enfants et aux populations encore éloignées des services administratifs.



