À la Mosquée centrale de Yarakinnin, l’imam Mohamed Awalou Issa a consacré son sermon du vendredi 11 septembre 2026 à la deuxième partie de son enseignement sur l’éducation des enfants. Il a insisté sur le rôle primordial des parents dans la formation morale, spirituelle et sociale de leurs enfants, tout en les invitant à ne pas se dérober à leurs responsabilités face aux risques auxquels la jeunesse est aujourd’hui exposée.
L’éducation des enfants ne se limite pas à leur assurer nourriture, vêtements, scolarité et autres besoins matériels. Elle implique également leur accompagnement moral, spirituel et humain. C’est l’un des principaux enseignements développés par l’imam central de Yarakinnin, Mohamed Awalou Issa, lors de son sermon du vendredi 11 septembre 2026.
Pour le prédicateur, les parents ont une responsabilité majeure dans la construction de leurs enfants. S’ils ont le devoir d’attendre de ces derniers respect et considération, ils doivent eux-mêmes jouer pleinement leur rôle dans leur éducation, leur orientation et leur formation.
L’imam a notamment mis en garde contre la négligence parentale. Lorsqu’un enfant est laissé sans accompagnement ni repères suffisants, il peut être davantage exposé aux mauvaises influences de son environnement. Une situation qui, selon lui, doit interpeller les familles et l’ensemble de la communauté.
L’éducation, au-delà de la prise en charge matérielleDans son développement, l’imam Mohamed Awalou Issa a particulièrement insisté sur la dimension spirituelle de l’éducation. Pour lui, prendre soin d’un enfant ne consiste pas uniquement à satisfaire ses besoins physiques. Les parents doivent également contribuer à nourrir son esprit et son cœur par la connaissance, la foi, les valeurs et les bonnes pratiques.
Pour illustrer cette approche, il s’est appuyé sur le récit de Loukmane le Sage et de son fils dans le Saint Coran. Il a relevé notamment la proximité affective exprimée dans l’interpellation « Ô mon enfant ».
Cette manière de s’adresser à son fils traduit, selon l’imam, l’importance de l’amour, de la compassion et de la proximité dans toute démarche éducative. L’autorité parentale, a-t-il laissé entendre, ne saurait être dissociée de l’affection et du dialogue.
La responsabilité parentale face aux risques qui guettent la jeunesseLe sermon a également abordé une préoccupation qui gagne certains quartiers : la consommation de drogues chez les jeunes.
Sur cette question, l’imam a appelé les sages, les délégués de quartier, les imams, les personnes ressources ainsi que tous les acteurs concernés à réfléchir collectivement aux moyens de lutter contre ce phénomène.
Il ne s’agit pas, pour autant, de faire de la négligence parentale l’unique explication des comportements à risque chez les jeunes. La consommation de drogues et les difficultés auxquelles certains adolescents sont confrontés résultent de facteurs multiples. Mais pour l’imam, un encadrement familial attentif constitue l’un des moyens de prévention dont disposent les communautés.
La responsabilité des parents apparaît ainsi comme une première ligne de vigilance, sans se substituer à celle de l’école, des autorités, des leaders communautaires et de l’ensemble de la société.
Les conséquences d’une responsabilité non assumée
Pour l’imam Mohamed Awalou Issa, les conséquences d’une éducation insuffisante peuvent également se manifester dans les relations futures entre parents et enfants.
Un enfant qui grandit sans recevoir suffisamment d’attention, d’orientation ou de transmission des valeurs peut, à l’âge adulte, ne pas entretenir avec ses parents la relation que ceux-ci espéraient. L’imam invite donc les parents à ne pas attendre que les difficultés apparaissent pour s’intéresser à l’éducation de leurs enfants.
Son message peut ainsi se résumer en une interpellation : éduquer l’enfant aujourd’hui, c’est aussi préparer la relation familiale de demain.
À travers ce sermon, l’imam central de Yarakinnin appelle donc à une parentalité davantage assumée, fondée sur la présence, la transmission, le dialogue, l’affection et l’exemplarité. Une responsabilité qui concerne d’abord la famille, mais dont les effets dépassent largement le cadre familial, puisqu’elle participe à la construction d’une jeunesse mieux préparée à faire face aux influences et aux défis de son environnement.



