Les professionnels des médias de Parakou ont pris part à un Café Presse organisé ce mardi 4 Août 2026 par l’Association des Journalistes en Santé Sexuelle et Reproductive (AJSSR). Cette rencontre, première d’une série d’activités prévues durant tout le mois d’août, a permis d’outiller les acteurs des médias sur le cadre juridique de l’interruption volontaire de grossesse (IVG) sécurisée au Bénin et sur les bonnes pratiques en matière de traitement journalistique de cette thématique sensible.
Directeurs de publication, rédacteurs en chef, responsables de radios et journalistes ont échangé avec des experts autour des dispositions légales qui encadrent la santé sexuelle et reproductive au Bénin, notamment les évolutions introduites par la loi du 20 décembre 2021.
Selon Fulbert Adjimèhossou, membre de l’AJSSR, cette initiative vise à permettre aux journalistes de mieux s’approprier le cadre légal afin de produire une information fiable, équilibrée et fondée sur les faits.
« Pour traiter une information, il faut d’abord maîtriser le cadre juridique qui l’encadre. Nous voulons permettre aux journalistes de comprendre les dispositions de la loi, d’exploiter les données probantes et les résultats des études afin de mieux informer les populations sur les questions de santé sexuelle et reproductive, en particulier l’IVG », a-t-il expliqué.
Le responsable a rappelé que plusieurs études mettent en évidence des obstacles dans l’accès aux services d’interruption volontaire de grossesse sécurisée au Bénin. Pour l’association, les médias ont un rôle essentiel à jouer dans la diffusion d’une information crédible et dans le suivi de la mise en œuvre des politiques publiques.
« Les journalistes doivent également jouer un rôle de veille en documentant les réalités du terrain, l’accessibilité des services et les difficultés rencontrées afin d’alimenter les réflexions et contribuer à l’amélioration des politiques de santé publique », a-t-il ajouté.
Au cours de la rencontre, les participants ont bénéficié d’une communication animée par Elvis Seriki, expert en santé, droits sexuels et reproductifs. Celui-ci est revenu sur les fondements juridiques de l’IVG au Bénin, les raisons ayant conduit à la réforme législative ainsi que les conditions prévues par les textes pour l’accès aux services.
« Nous avons présenté les principales dispositions de la loi du 20 décembre 2021 ainsi que le décret encadrant l’offre des services d’IVG. Nous avons surtout insisté sur les méthodes de traitement journalistique de ces questions en privilégiant les données probantes, les faits vérifiés et les réalités vécues par les populations », a-t-il indiqué.
L’expert estime qu’une couverture médiatique responsable constitue un levier important pour renforcer le plaidoyer en faveur d’une meilleure application de la loi et d’un meilleur accès des filles et des femmes aux services de santé sexuelle et reproductive.
Les échanges se sont poursuivis sous la forme d’un World Café, permettant aux journalistes d’identifier plusieurs pistes de reportages et d’enquêtes susceptibles d’enrichir la couverture médiatique des questions liées à l’IVG et à la santé sexuelle et reproductive.
Parmi les participants, la journaliste Fidelia Biaou a salué la pertinence de cette initiative. À l’en croire, malgré l’existence de la loi depuis plusieurs années, les productions médiatiques consacrées à cette thématique restent encore limitées.
« Nous avons la responsabilité d’informer nos lecteurs, nos auditeurs et nos téléspectateurs. En sortant de cette rencontre, je prends l’engagement de produire davantage de contenus sur l’interruption volontaire de grossesse afin de contribuer à lever les tabous qui entourent encore cette question dans nos communautés », a-t-elle confié.
À travers cette série d’activités prévue tout au long du mois d’août, l’Association des Journalistes en Santé Sexuelle et Reproductive entend renforcer les capacités des professionnels des médias afin de promouvoir un traitement plus responsable, documenté et respectueux des droits humains sur les questions de santé sexuelle et reproductive au Bénin.


