Les concertations engagées entre le ministère de la Communication, en charge des Médias, et les organisations professionnelles du secteur se poursuivent. Après plusieurs rencontres avec les faîtières des médias, la ministre Aurélie Adam Soulé Zoumarou a reçu, le lundi 6 juillet 2026, une délégation de l’Union Nationale des Médias en Ligne du Bénin (UNaMEL-Bénin), conduite par son président, Barnabas Orou Kouman.
Cette séance de travail a permis aux responsables de l’organisation de présenter leur vision pour une presse numérique plus forte, mieux structurée et davantage prise en compte dans les politiques publiques. Les échanges ont essentiellement porté sur trois réformes considérées comme prioritaires, ainsi que sur plusieurs mesures destinées à améliorer les conditions d’exercice des professionnels des médias en ligne.
La première préoccupation soulevée par l’UNaMEL-Bénin concerne la reconnaissance juridique de la presse en ligne. L’organisation plaide pour l’instauration d’un statut spécifique qui tienne compte des réalités du numérique et assure une meilleure cohérence avec le Code de l’information et de la communication ainsi que le Code du numérique. Une telle évolution permettrait notamment aux journalistes exerçant dans les médias en ligne d’accéder plus facilement à la carte de presse et aux différents mécanismes publics de soutien, notamment le Fonds d’appui au développement des médias.
La délégation a également insisté sur la nécessité de créer un environnement économique plus favorable aux entreprises de presse numérique. À cet effet, elle recommande la mise en place d’une fiscalité adaptée au secteur, la création d’un Fonds national dédié à la transformation numérique des médias, le rétablissement de l’aide publique à la presse privée suspendue depuis 2016, le renforcement de la lutte contre le piratage des contenus numériques ainsi que l’élaboration d’un cadre national encadrant l’utilisation responsable de l’intelligence artificielle dans les médias.
La gouvernance de la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) a également figuré parmi les sujets abordés. L’UNaMEL-Bénin souhaite une révision de la loi organique de l’institution afin de garantir une représentation directe des médias numériques à travers des collèges électoraux spécifiques à la presse écrite en ligne, à l’audiovisuel numérique et aux métiers techniques du numérique.
Au-delà de ces réformes, les représentants de l’organisation ont attiré l’attention de la ministre sur plusieurs préoccupations sociales. Ils ont notamment plaidé pour la mise en place d’une couverture sanitaire au profit des journalistes et de leurs familles, le renforcement des formations professionnelles, l’accès à une connexion internet haut débit pour les médias régulièrement installés ainsi qu’un accompagnement en équipements informatiques au profit du siège de l’association.
Les discussions ont par ailleurs porté sur le symposium national que prépare l’UNaMEL-Bénin autour de la trêve politique et de la responsabilité des médias. Les responsables de l’organisation ont sollicité le parrainage du ministère afin de soutenir cette initiative qui entend favoriser un dialogue constructif entre les différents acteurs.
Cette audience s’inscrit dans la continuité des consultations engagées par le ministère avec les principales organisations professionnelles des médias béninois. Elle traduit la volonté commune des pouvoirs publics et des acteurs de la presse numérique de renforcer le dialogue afin de bâtir un écosystème médiatique plus moderne, plus compétitif et en phase avec les exigences de la transformation numérique.



