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Sport : Du sifflet de quartier aux ambitions internationales : Abdou Bassitou MAMA MOUSSA, l’arbitre qui fait respecter le jeu

À contre-courant des trajectoires classiques de joueurs, Abdou Bassitou MAMA MOUSSA a choisi l’ombre du terrain pour mieux faire briller le volleyball. Depuis Parakou, ce passionné devenu arbitre fédéral trace méthodiquement son chemin vers l’international.

Sur le terrain, il ne marque pas de points. Il ne célèbre pas de victoires. Pourtant, sans lui, aucun match ne tient debout. Sifflet en main, regard concentré, Abdou Bassitou MAMA MOUSSA incarne cette autorité discrète qui fait vivre le volleyball au-delà des projecteurs.

Nombreux sont les jeunes attirés par les smashs et les acclamations. Mais très peu choisissent d’endosser la responsabilité de faire respecter les règles. Originaire de Baparapé, dans le 2è arrondissement de Parakou, Abdou Bassitou fait très tôt un choix atypique qui va impacter sa vie : celui de devenir arbitre.

Découvrant le volleyball à la fin des années 1990, il comprend rapidement que le jeu ne se limite pas à la performance physique. Il y perçoit une structure, une discipline, un cadre à faire respecter. C’est ce rôle qu’il décide d’assumer. Le chemin n’a rien d’un long fleuve tranquille. Né à la fin des années 1980, il entame sa scolarité à l’école Centre. Malgré des conditions modestes, il obtient le BEPC, avant de buter à plusieurs reprises sur le Baccalauréat, faute de moyens suffisants.

Contraint d’entrer dans la vie active, il enchaîne des petits boulots. Mais une constante demeure : sa passion pour le volleyball. En 2001, il franchit un cap décisif en s’engageant dans la formation en arbitrage. Une orientation stratégique qui va redéfinir sa trajectoire.

La progression est lente, mais maîtrisée. 2002 : arbitre de district. 2012 : arbitre de ligue. 2022 : arbitre fédéral. Deux décennies d’apprentissage, de rigueur et de présence sur les compétitions statutaires de la Fédération béninoise de volleyball avec une seule ambition. « Mon ambition est de devenir arbitre international », confie-t-il avec assurance. Derrière cette déclaration, un objectif clair : franchir un nouveau palier dans un environnement où les opportunités restent limitées.

Entre responsabilités familiales et engagement professionnel

Hors du terrain, Abdou Bassitou mène une autre bataille : celle du quotidien. Marié et père de famille, il s’investit depuis plusieurs années dans une activité de pressing et de blanchisserie dans son quartier. Un choix pragmatique qui lui permet de subvenir aux besoins de sa famille, tout en poursuivant sa carrière sportive. Ce double engagement illustre une réalité bien connue du sport béninois : la nécessité pour les acteurs de cumuler plusieurs activités pour survivre.

Au-delà de son évolution personnelle, l’arbitre nourrit une ambition collective : transmettre. « Je veux former les jeunes à l’arbitrage et partager mon expérience », explique-t-il. Dans un contexte où l’arbitrage reste peu valorisé, cette volonté de transmission apparaît comme un levier stratégique pour structurer durablement la discipline.

Au Bénin et à Parakou, les talents ne se limitent pas aux joueurs. Dans l’ombre des terrains, des profils comme Abdou Bassitou MAMA MOUSSA contribuent à l’équilibre du jeu et à la crédibilité des compétitions. Discret, mais déterminé, il avance avec une conviction simple : sans arbitre, il n’y a pas de match… et sans ambition, pas d’histoire à écrire.