Des solutions existent…
Dans une ville en pleine mutation urbaine, la divagation des animaux continue d’occuper les rues, les carrefours et les grandes artères de Parakou. Malgré les efforts des différentes administrations communales qui se sont succédées, le phénomène résiste au temps et aux mesures prises. Entre risques d’accidents, troubles à l’ordre public et atteinte à l’image de la cité des Kobourou, la question mérite plus que jamais une réponse ferme et durable.
Il n’est pas rare de voir des troupeaux de caprins, des moutons ou encore des volailles déambuler librement sur les voies publiques. Des quartiers périphériques jusqu’au centre-ville, le spectacle est devenu si banal qu’il semble désormais intégré au décor urbain.
Pourtant, derrière cette apparente normalité se cache un véritable problème de gouvernance urbaine. La présence incontrôlée d’animaux sur la chaussée constitue un danger permanent pour les usagers de la route. Motocyclistes, automobilistes et piétons sont régulièrement confrontés à des situations à risque pouvant entraîner des accidents parfois graves.
Au-delà de la sécurité routière, le phénomène est également source de tensions sociales. Des altercations éclatent fréquemment entre propriétaires d’animaux et riverains lorsque les bêtes détruisent des marchandises, envahissent des concessions ou souillent des espaces publics. Une situation qui perturbe la quiétude des populations et met à rude épreuve le vivre-ensemble.Un phénomène qui défie les autorités depuis des décennies
La divagation des animaux n’est pas un problème nouveau à Parakou.
Plusieurs équipes municipales ont tenté, au fil des années, de contenir le phénomène à travers des sensibilisations, des communiqués et parfois des opérations de répression. Mais force est de constater que les résultats demeurent limités.
Cette persistance soulève de nombreuses interrogations. Les propriétaires de ces animaux se sentent-ils au-dessus des règles établies ? Les sanctions prévues sont-elles suffisamment dissuasives ? Ou s’agit-il simplement d’un manque de volonté collective pour mettre définitivement fin à une pratique héritée d’une époque où l’urbanisation de la ville n’avait pas encore atteint son niveau actuel ?
Une chose est certaine : la répétition du phénomène donne l’impression que l’autorité municipale est constamment mise au défi par une minorité d’acteurs qui refusent d’adapter leurs comportements aux réalités d’une ville moderne.
Aujourd’hui, Parakou change de visage. Les investissements publics se multiplient, les infrastructures routières se modernisent et la ville affirme progressivement son statut de pôle économique majeur du nord du Bénin.
Dans ce contexte, il devient difficilement concevable que des animaux continuent d’occuper les voies publiques comme il y a plusieurs décennies. Une ville à statut particulier, engagée dans une dynamique de modernisation, ne peut durablement accepter des comportements qui nuisent à son attractivité, à son image et à son ambition de développement.
La lutte contre la divagation des animaux s’inscrit donc dans une logique plus large d’assainissement de l’espace public, de sécurité routière et de préservation du cadre de vie.
Des solutions existent
Selon plusieurs recoupements, nombre de propriétaires de ces animaux disposent de domaines ou d’espaces situés dans les périphéries de la ville. Ces espaces pourraient être aménagés pour accueillir des activités d’élevage organisées et productives.
Une telle démarche permettrait non seulement de réduire la présence des animaux dans les rues, mais également de promouvoir un élevage moderne, créateur de revenus et favorable à la consommation locale. L’entrepreneuriat agricole et l’élevage encadré constituent aujourd’hui des alternatives crédibles à la divagation anarchique observée dans plusieurs quartiers.
L’heure de la responsabilité
Face à l’ampleur du phénomène, les autorités communales gagneraient à renforcer les mesures de contrôle et à appliquer avec rigueur les textes en vigueur. La sensibilisation reste nécessaire, mais elle doit désormais s’accompagner d’actions concrètes et dissuasives.
Les propriétaires d’animaux sont également appelés à faire preuve de responsabilité citoyenne. Il leur revient de prendre les dispositions nécessaires pour garder leurs bêtes dans des espaces appropriés et éviter qu’elles ne constituent une menace pour la sécurité et le cadre de vie des populations.
Si une phase de répression venait à être engagée dans les prochains jours ou mois, personne ne devrait s’en étonner. La modernisation d’une ville implique le respect de règles collectives. Parakou mérite des rues sûres, propres et organisées. Le temps semble venu de tourner définitivement la page de la divagation des animaux dans l’espace public.



