Face aux défis persistants d’accès aux services d’état civil dans la Donga, le projet e-FAABA a été officiellement lancé ce 29 avril 2026 dans la commune de Djougou. Une initiative portée par l’Association KOKARI-UFeC-2ABCD avec l’appui de la Coopération Suisse via le FoSIR, elle ambitionne de renforcer l’inclusion, la transparence et la redevabilité à travers le numérique. Ledit lancement a connu la présence des partenaires techniques et financiers ainsi que les bénéficiaires.
C’est une réponse pragmatique à une urgence silencieuse pour de milliers de citoyens encore invisibles aux yeux de l’administration. À Djougou, le projet e-FAABA est allé poser les jalons d’une gouvernance modernisée de l’état civil, en s’appuyant sur le levier digital et l’engagement citoyen.
Le constat est sans appel. Dans la commune de Djougou, le taux d’enregistrement des faits d’état civil (naissances, mariages, décès) reste largement en deçà des standards nationaux. Résultat palpable, des citoyens privés de droits fondamentaux, notamment dans les domaines de l’éducation, de l’héritage ou encore de l’accès aux services publics.
À cela s’ajoutent des facteurs aggravants que sont la méconnaissance des réformes récentes, la fracture linguistique, la faible appropriation des outils numériques, le déficit d’infrastructures et les coûts indirects dissuasifs. Un cocktail qui alimente la défiance envers l’administration et freine toute dynamique de modernisation.
Porté par l’Association KOKARI-UFeC-2ABCD avec l’appui de la Coopération Suisse via le FoSIR, le projet e-FAABA (je m’approprie les services d’état civil) se positionne comme un catalyseur de transformation. Son ambition est claire selon Gauthier Godonou. Il vise à ‹‹améliorer durablement l’accès, l’utilisation et la redevabilité des services numériques d’état civil dans la commune de Djougou››.
Concrètement, le projet repose sur trois axes stratégiques notamment la facilitation de l’accès aux services d’état civil, le renforcement de la redevabilité des institutions et la promotion d’une inclusion effective, surtout à travers des populations vulnérables.
Déployé dans les neuf arrondissements de la commune, e-FAABA cible directement 2 500 bénéficiaires, avec une attention particulière accordée aux femmes, aux jeunes et aux personnes en situation de handicap.
Le dispositif opérationnel mis en place par les initiateurs privilégie en occurence une approche participative articulée autour de formations des acteurs locaux, de rencontres entre usagers et prestataires, d’évaluations citoyennes ainsi que de mécanismes de dialogue direct pour identifier et corriger les dysfonctionnements. Cette architecture favorise non seulement l’appropriation des services numériques, mais aussi l’émergence d’une culture de redevabilité, encore embryonnaire dans plusieurs collectivités.
Le projet s’inscrit également dans une logique de performance avec des indicateurs précis tels qu’une hausse d’au moins 30 % des enregistrements d’actes d’état civil, 60 % des bénéficiaires capables d’effectuer des démarches en ligne, plus de 2 500 citoyens sensibilisés aux enjeux de l’état civil, et une amélioration tangible de la transparence des services.
Par ailleurs, au-delà de son architecture technique, e-FAABA repose sur une synergie d’acteurs institutionnels et communautaires comme la Préfecture de la Donga, Mairie de Djougou, l’ANIP, les radios communautaires et organisations de la société civile, qui attachent un prix à la réussite du projet. Une alliance stratégique entre ces différents acteurs qui traduit une conviction partagée que l’état civil n’est pas qu’un service administratif, c’est un socle de citoyenneté.
« L’état civil est un droit fondamental. Le numérique doit être accessible à tous », a martelé le chef du projet Gautier Godounou lors de la cérémonie de lancement.
Avec e-FAABA, la commune de Djougou expérimente désormais une innovation à fort impact social, où le numérique devient un outil d’inclusion plutôt qu’un facteur d’exclusion. Reste à transformer l’essai sur le terrain car c’est là où se jouera la véritable bataille de la citoyenneté.



