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DJOUGOU : La police communautaire et la jeunesse au cœur de la prévention de l’extrémisme violent

DJOUGOU : La police communautaire et la jeunesse au cœur de la prévention de l’extrémisme violent

(La Mairie des Jeunes de Djougou se distingue une fois de plus dans les échanges)

La salle de délibération de la Mairie de Djougou a accueilli, vendredi 28 août 2026, un atelier de sensibilisation consacré à la police communautaire, à la prévention de l’extrémisme violent et aux risques liés aux engins explosifs improvisés. Une rencontre qui a placé la collaboration entre forces de sécurité, autorités locales, populations et organisations de jeunesse au centre des stratégies de prévention.

La prévention des menaces sécuritaires se construit aussi dans le dialogue avec les communautés. C’est le sens de l’atelier organisé vendredi 28 août par la Police républicaine, avec l’appui de l’Agence belge de développement (ENABEL), à travers le projet PAOP II. Pendant plusieurs heures, responsables communaux, forces de sécurité, leaders religieux, acteurs de la société civile et représentants de la jeunesse ont échangé autour des mécanismes susceptibles de renforcer la résilience des communautés face à l’extrémisme violent.

La séance a été officiellement ouverte par Mme Tahira Salifou Assouma, Première Adjointe au Maire de Djougou, représentant le Maire. À ses côtés figuraient notamment le Deuxième Adjoint au Maire, Zoulkifirou Rabiou Issifou, les douze chefs d’arrondissement, des conseillers communaux, le Directeur départemental de la Police républicaine (DDPR), ainsi que des représentants des communautés religieuses et de la société civile.

L’enjeu de la rencontre dépasse la seule question sécuritaire. Il s’agit surtout de créer un environnement dans lequel les populations deviennent de véritables partenaires des forces de sécurité, notamment à travers la remontée d’informations et la prévention des situations susceptibles de favoriser la radicalisation.

Les échanges ont permis de revenir sur les principes de la police communautaire, conçue comme une approche reposant sur la proximité, la confiance et la coopération entre les forces de sécurité et les populations.

L’objectif est notamment de favoriser une meilleure compréhension des réalités locales par les forces de sécurité, mais également d’amener les populations à participer davantage à la prévention de l’insécurité. Dans ce modèle, la sécurité n’est plus perçue comme la seule responsabilité des agents en uniforme. Elle devient une responsabilité partagée entre les institutions, les communautés et les citoyens.

L’atelier a été animé par le Contrôleur général de police Mathias Achedéhon, Chef du projet ENABEL/PAOP, ainsi que par un expert du Secrétariat permanent de la Commission nationale de lutte contre la radicalisation. Les interventions ont permis d’aborder les causes et conséquences de l’extrémisme violent, les mécanismes de radicalisation ainsi que les comportements pouvant contribuer à prévenir son implantation dans les communautés.

Une attention particulière a également été accordée aux risques liés aux engins explosifs improvisés (EEI). Dans un contexte régional marqué par la persistance des menaces sécuritaires, la sensibilisation des populations aux comportements appropriés face à des objets suspects constitue un maillon important de la prévention.

La jeunesse appelée à jouer les premiers rôles

Parmi les participants, la Mairie des Jeunes de Djougou-GJB s’est particulièrement distinguée par sa contribution aux échanges. Son premier responsable, Yaya Isidore Toko, a porté la voix de la jeunesse et insisté sur la responsabilité des jeunes dans la prévention de la radicalisation.

Son intervention a permis de rappeler que la jeunesse ne doit pas être considérée uniquement comme une catégorie exposée aux risques de radicalisation, mais également comme un acteur de premier plan dans les dispositifs de prévention.

À travers les réseaux associatifs, les établissements de formation, les espaces communautaires et les plateformes numériques, les jeunes disposent en effet de nombreux canaux pour diffuser des messages de sensibilisation, détecter certains signaux préoccupants et orienter les personnes vulnérables vers les mécanismes appropriés.

Yaya Isidore Toko a ainsi réaffirmé la disponibilité de la Mairie des Jeunes de Djougou-GJB à servir de relais auprès des jeunes, notamment pour la sensibilisation sur les mécanismes d’alerte précoce et les risques liés aux engins explosifs improvisés.

Cette implication des organisations de jeunesse apparaît d’autant plus stratégique que la prévention de l’extrémisme violent ne peut être réduite à une réponse sécuritaire. Elle suppose également un travail de fond sur l’information, l’éducation, la cohésion sociale, l’inclusion et la capacité des communautés à identifier suffisamment tôt les situations à risque.Vers un dispositif local d’alerte plus efficace

Au terme des travaux, plusieurs recommandations ont été formulées.

Les participants ont notamment plaidé pour une vulgarisation accrue de la police communautaire, afin de permettre aux populations de mieux comprendre son fonctionnement et leur rôle dans ce dispositif.

Le renforcement des mécanismes d’alerte précoce a également été retenu comme une priorité.

Une communauté capable d’identifier, de signaler et de traiter rapidement certains signaux de tension ou de radicalisation dispose d’un avantage considérable dans la prévention des crises.Les participants ont enfin recommandé une implication plus forte des organisations de jeunesse, avec une attention particulière à la Mairie des Jeunes-GJB, appelée à contribuer aux actions de sensibilisation et de prévention auprès de ses pairs.

À Djougou, le message issu de cet atelier est donc clair : face aux nouvelles menaces sécuritaires, la prévention passe aussi par la proximité, la confiance et la responsabilité collective. Et dans cette architecture, la jeunesse n’a pas vocation à rester spectatrice. Elle peut constituer l’un des premiers relais de vigilance, de sensibilisation et de cohésion sociale au sein des communautés.Baraka News