Dans les moments de tension, les discours s’effacent et les postures tombent. Il ne reste qu’une chose : la capacité à tenir. C’est précisément dans cet exercice exigeant que Madame Adiza Arouna, Cheffe d’arrondissement, s’est illustrée avec une rare constance lors des événements malheureux survenus autour de l’interpellation massive de jeunes à Parakou.
Alors que la situation devenait de plus en plus électrique à la Direction départementale de la Police républicaine, elle a fait un choix clair : rester. Rester aux côtés des parents. Rester sous le soleil. Rester dans l’inconfort. Rester dans la durée. Un leadership de proximité, loin des communiqués feutrés et des sorties calculées.
Mère avant d’être autorité administrative, responsable locale avant d’être actrice politique, Adiza Arouna a incarné ce que beaucoup réclament mais que peu assument : une autorité humaine. Face à des parents angoissés, parfois à bout de souffle, elle n’a ni fui la pression ni délégué la responsabilité. Elle a écouté, rassuré, temporisé, expliqué. Elle a joué ce rôle ingrat mais fondamental de tampon entre l’émotion légitime des familles et la rigidité d’un dispositif sécuritaire sous tension.Sa présence continue, du début jusqu’à la fin de cet épisode éprouvant, a constitué un repère.
Un signal fort. Celui d’une élue locale qui comprend que la gestion d’une crise ne se fait pas uniquement avec des textes et des procédures, mais aussi avec de l’empathie, du sang-froid et une capacité à rester debout quand d’autres s’éclipsent.
Dans un contexte où l’action publique est souvent perçue comme distante, voire déconnectée des réalités sociales, l’attitude de la cheffe du 3è arrondissement, rappelle une évidence trop souvent oubliée. Celle que l’autorité locale est d’abord une autorité de proximité. Être Cheffe d’arrondissement, ce n’est pas seulement administrer un territoire, c’est aussi porter les douleurs, absorber les colères et maintenir le lien social quand il menace de se rompre.
Sans bruit, sans mise en scène, elle a démontré qu’on peut être ferme sans être brutale, présente sans être populiste, engagée sans être partisane. Dans une ville secouée par la peur, l’incompréhension et la fatigue collective, sa posture a apporté un minimum de stabilité et de dignité.
Cet épisode restera sans doute comme l’un des plus délicats à gérer pour les autorités locales. Il restera surtout comme un moment où une femme, une mère, une élue a rappelé que la gouvernance locale ne se mesure pas seulement à la capacité de décider, mais aussi à celle de rester aux côtés des siens quand tout vacille. À Parakou, désormais, le leadership a un autre visage. Celui d’Adiza Arouna.



