La salle des fêtes de la mairie de Parakou a servi, dans l’après-midi d’hier lundi 9 mars 2026, de cadre à une étape de la tournée de reddition de comptes consacrée aux dix années d’actions du Président Patrice Talon dans les secteurs de la jeunesse et des sports. La séance a réuni, autour des populations, les ministres conseillers Jonas Hantan (Jeunesse et Sports) et Bio Guerra Saka Kina (Agriculture).
Autorités politico-administratives, têtes couronnées, leaders religieux, acteurs du mouvement sportif, figures culturelles, élèves et étudiants ont massivement pris part à la rencontre. Une mobilisation qui traduisait l’intérêt accordé à cet exercice censé être un moment d’échanges directs entre les représentants du pouvoir exécutif et les citoyens.Mais très vite, la dynamique d’échanges attendue a laissé place à une longue séquence de monologue.
Après les différentes interventions protocolaires, dont celle du maire de Parakou, le ministre conseiller à la jeunesse, Jonas Hantan, a occupé le micro pendant près de trois heures. Une prise de parole jugée excessive par une bonne partie de l’assistance, d’autant que la rencontre devait favoriser le dialogue avec les participants.
Dans une salle déjà éprouvée par la chaleur caractéristique du mois de jeûne, le discours s’est progressivement éloigné de l’objectif initial de la tournée. Entre digressions personnelles et développements jugés hors sujet, l’assistance s’est retrouvée captive d’un exposé interminable, au détriment de l’échange promis.
Plus préoccupant encore, certains propos tenus publiquement ont suscité l’incompréhension. Le maire de Parakou y a été qualifié « d’apprenti » dans sa propre commune, une sortie verbale perçue par plusieurs participants comme un manque d’égard envers l’autorité municipale et l’institution qu’elle représente.
Dans un contexte où la gouvernance publique prône la proximité et le respect des institutions locales, de tels écarts interrogent sur la posture communicationnelle de certaines autorités. La reddition de comptes, exercice démocratique par essence, exige rigueur, sens de l’écoute et maîtrise de la parole publique.
Plus que jamais, le rôle des équipes de communication, de presse et de relations publiques apparaît déterminant pour encadrer ce type d’exercice. Car à l’ère de la gouvernance de résultats promue sous le régime du Président Patrice Talon, les attitudes de pédantisme et les démonstrations d’ego n’ont plus leur place dans l’espace public.
Malheureusement beaucoup sont repartis avec l’impression tenace d’un rendez-vous qui aurait pu être un dialogue utile, mais qui s’est transformé en un long soliloque politique.



