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Réglementation des heures de circulation des tricycles : La Mairie de Parakou s’est-elle ramollie face à certaines indélicatesses ?

Réglementation des heures de circulation des tricycles : La Mairie de Parakou s’est-elle ramollie face à certaines indélicatesses ?

À Parakou, il y a les textes, les arrêtés… et puis il y a la réalité du goudron. Depuis quelque temps, la circulation des engins à trois roues, communément appelés tricycles, semble avoir pris des allures de « chacun fait comme il veut ». Au point où l’on pourrait presque se demander si certains conducteurs n’ont pas obtenu, en plus de leur permis (s’ils en ont), une petite licence d’interprétation personnelle des règles de circulation.

La Mairie de Parakou n’est pourtant pas restée les bras croisés. À travers plusieurs arrêtés pris récemment par le maire et premier responsable de la ville, des mesures ont été annoncées pour mieux encadrer la circulation de ces engins, notamment en ce qui concerne les horaires et les conditions de circulation. Une volonté qui n’est d’ailleurs pas nouvelle, puisque les précédentes administrations municipales avaient déjà tenté de mettre de l’ordre dans ce secteur particulièrement sensible.

Mais sur le terrain, le spectacle laisse parfois perplexe.

À certaines heures, les tricycles circulent comme si le Code de la route était une simple suggestion. Excès de vitesse en pleine agglomération, circulation sans phares à la tombée de la nuit, systèmes de freinage qui semblent avoir pris leur retraite avant le conducteur, chargements débordant allègrement des gabarits… À croire que certains engins ont décidé de tester, grandeur nature, les limites de la mécanique et de la patience des autres usagers.

Et que dire de certains jeunes conducteurs qui semblent confondre les grandes artères de Parakou avec une piste de rallye ? À certaines heures, les accélérations sont franches, les dépassements parfois audacieux et les slaloms suffisamment spectaculaires pour faire croire à l’installation prochaine d’un championnat municipal de tricycles.

Le plus étonnant reste cependant la facilité avec laquelle certaines de ces pratiques semblent se dérouler au vu et au su de tout le monde. Autorités municipales, services compétents, forces de sécurité, usagers : chacun observe, constate, commente… et le tricycle, lui, continue son petit bonhomme de chemin.

Il ne s’agit évidemment pas de jeter l’opprobre sur l’ensemble des conducteurs de tricycles. Beaucoup exercent une activité indispensable au fonctionnement quotidien de la ville et contribuent au transport des personnes et des marchandises. Mais entre exercer un métier et transformer la voie publique en espace de liberté absolue, il existe tout de même quelques mètres de bitume.

La question qui se pose aujourd’hui est donc moins celle de l’existence des textes que celle de leur application. Car un arrêté qui n’est pas respecté finit rapidement par perdre son effet dissuasif. Et une règle que personne ne craint de transgresser risque de devenir, au fil du temps, une simple décoration administrative.

Alors, la Mairie de Parakou s’est-elle ramollie face à certaines indélicatesses ? La question est volontairement provocatrice. Peut-être même un peu taquine. Mais elle mérite d’être posée, ne serait-ce que pour rappeler que réglementer, c’est bien ; faire respecter, c’est mieux.

En attendant, dans les rues de Parakou, certains tricycles continuent de rouler. Avec ou sans phares. Avec des chargements qui dépassent parfois les limites de l’imagination. Et, pour quelques-uns, à des vitesses qui feraient presque demander aux passagers de boucler leur ceinture… si seulement les tricycles en avaient.

Au fond, la ville ne demande pas l’impossible. Elle demande simplement que les règles de circulation cessent d’être un menu à la carte : on ne choisit pas celles qu’on respecte et celles qu’on laisse au prochain feu rouge.

Farouk MAMA SANNI