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Santé: Les Autorités du Borgou mobilisées pour protéger la santé de la mère et de l’enfant à travers un plaidoyer

Santé: Les Autorités du Borgou mobilisées pour protéger la santé de la mère et de l’enfant à travers un plaidoyer

(Le préfet Abdoul-Chakour Naro Assouma appelle les collectivités locales, les autorités traditionnelles, religieuses et les leaders communautaires à s’engager pleinement en faveur de la santé de la mère et de l’enfant.)

Les autorités administratives, communales, sanitaires, traditionnelles et religieuses du département du Borgou se sont réunies, ce jeudi 6 août 2026, dans la salle de conférence de la Préfecture à Parakou, pour un atelier de plaidoyer consacré à l’engagement communautaire en faveur de la mise en œuvre du Projet de Supplémentation Nutritionnelle des 1000 Premiers Jours et Plus (PSN). Cette rencontre, initiée par l’Agence nationale de l’Alimentation et de la Nutrition (ANAN), vise à renforcer l’implication des acteurs locaux dans la lutte contre la malnutrition maternelle et infantile.

La cérémonie a enregistré la présence du préfet du Borgou, Abdoul-Chakour Naro Assouma, des maires des communes du département, des secrétaires exécutifs, des directeurs départementaux, des chefs d’arrondissement, des autorités traditionnelles et religieuses, ainsi que des responsables des secteurs de la santé et de l’action sociale.

Présentant la situation nutritionnelle du Bénin, la Cheffe du sous-bureau ANAN de Parakou en charge des quatre départements du Nord, Florence Honvo Bello, a rappelé que les indicateurs nationaux demeurent préoccupants. Selon les données disponibles, « 37 % des enfants béninois de moins de cinq ans souffrent de retard de croissance. Plus de la moitié, soit 58 % des femmes enceintes et 72 % des enfants de 6 à 59 mois sont atteints d’anémie. (…) Si nous agissons tous ensemble, nous pouvons bouter la malnutrition hors de nos communautés et bâtir une génération forte, intelligente, robuste et pleine de santé. », a-t-elle déclaré.

Le Directeur départemental de la Santé par intérim, Julien Didier Adedemy, a rappelé que les 1000 premiers jours, de la conception jusqu’aux deux ans de l’enfant, représentent une période déterminante pour son développement physique et intellectuel. Selon lui, investir dans cette fenêtre d’opportunité constitue un levier essentiel pour renforcer durablement le capital humain du Bénin. « Lorsqu’on parle des mille premiers jours, c’est une fenêtre d’opportunité en santé. Lorsqu’on rate cette période, beaucoup de choses se passent mal dans la vie de l’enfant. (…) Le renforcement du capital humain commence déjà depuis la conception de l’être humain. », a-t-il expliqué.

Le responsable sanitaire a également salué l’extension du projet aux communes de Parakou, Tchaourou, Bembèrèkè, Nikki, Kalalé, Pèrèrè et N’Dali, rejoignant ainsi Sinendé, bénéficiaire de cette intervention depuis 2025. Cette extension permet désormais de couvrir l’ensemble des huit communes du département du Borgou.

Le préfet appelle chaque acteur à jouer pleinement sa partition

Ouvrant officiellement les travaux, le préfet du Borgou, Abdoul-Chakour Naro Assouma, a rappelé que la malnutrition ne constitue pas uniquement un problème de santé, mais également un frein au développement économique, éducatif et social. « La malnutrition constitue une problématique de santé majeure avec des répercussions sur la santé, l’éducation, l’économie et le développement social. Cette nutrition saine devra commencer dès les premiers jours du cycle de vie de chaque enfant de ce pays. », a souligné le préfet.

Pour l’autorité préfectorale, la réussite du Projet de Supplémentation Nutritionnelle repose avant tout sur une forte adhésion des communautés. S’adressant aux maires, il les a invités à faire de la nutrition un véritable indicateur de performance de la gouvernance communale, estimant qu’« un territoire prospère commence d’abord par des enfants sains ».

Aux chefs d’arrondissement, chefs de village et de quartier, le préfet a demandé d’identifier les femmes enceintes, les mères allaitantes et les jeunes enfants afin de faciliter leur accompagnement et leur accès aux services de supplémentation nutritionnelle. Il a également exhorté les autorités traditionnelles et religieuses à mettre leur influence au service de la sensibilisation des populations, de la lutte contre les fausses croyances et de la promotion des bonnes pratiques nutritionnelles au sein des communautés. « La bonne nutrition est aussi un acte de foi, car protéger la vie dès le sein maternel est un devoir sacré », a-t-il lancé à l’endroit des dignitaires religieux. Enfin, les leaders d’opinion ont été invités à accompagner les équipes techniques dans la remontée des difficultés, le suivi des interventions et la diffusion des messages de sensibilisation.

Le préfet a insisté sur le fait que le Projet de Supplémentation Nutritionnelle dépasse le cadre d’une simple politique publique et constitue un engagement collectif en faveur des générations futures. « Ce projet n’est donc pas un projet de l’État simplement. C’est un pacte que nous, communes, arrondissements, villages et communautés du Borgou, signons aujourd’hui avec les générations futures. Que chaque commune, chaque village, chaque quartier de notre département devienne un sanctuaire pour les mille premiers jours de nos enfants. Ensemble, faisons du Bénin une terre où chaque enfant a les moyens de ses ambitions. », a conclu Abdoul-Chakour Naro Assouma avant de déclarer officiellement ouverts les travaux.