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Sénégal : Ousmane Sonko promet de ne pas « semer le chaos » à la tête de l’Assemblée Nationale mais…

Sénégal : Ousmane Sonko promet de ne pas « semer le chaos » à la tête de l’Assemblée Nationale mais…

À peine installé à la tête de l’Assemblée nationale du Sénégal, Ousmane Sonko a choisi l’apaisement institutionnel comme ligne de conduite. Dans un discours solennel prononcé lors de sa prise de fonction, le leader du Pastef a tenté de rassurer l’opinion publique et les acteurs politiques sur ses intentions, dans un contexte marqué par de fortes tensions au sommet de l’État.

Face aux députés, Sonko a reconnu la « gravité du moment historique » que traverse le Sénégal. Mais loin d’adopter une posture de confrontation, il a insisté sur sa volonté de préserver les équilibres institutionnels et de faire de l’Assemblée nationale un espace de contrôle démocratique, et non un outil de règlement de comptes.

« Certains y voient une crise, d’autres un déchirement. Moi, j’y vois d’abord une épreuve de vérité pour notre démocratie », a-t-il déclaré dans une salle attentive, donnant immédiatement le ton d’un discours mêlant fermeté politique et volonté de responsabilité républicaine.

Dans un climat alimenté depuis plusieurs semaines par les spéculations sur une guerre ouverte entre les différentes têtes de l’exécutif sénégalais, Sonko a tenu à écarter l’idée d’une stratégie de déstabilisation. « Je veux rassurer que je n’utiliserai pas cette responsabilité pour organiser le chaos institutionnel », a-t-il affirmé avec insistance.

Une déclaration loin d’être anodine. Car l’arrivée de l’ancien Premier ministre à la présidence du Parlement était perçue par certains observateurs comme le début d’un bras de fer institutionnel. En répondant frontalement à ces inquiétudes, Sonko cherche visiblement à apparaître comme un homme d’État capable de dissocier opposition politique et stabilité républicaine.

Le nouveau président de l’Assemblée a également promis que l’institution ne servira pas à « nourrir des vendettas personnelles ». Selon lui, utiliser le Parlement pour des règlements de comptes reviendrait à « trahir » le combat politique porté par son camp depuis plusieurs années.

Pour autant, le leader du Pastef n’entend pas transformer l’Assemblée en simple caisse de résonance du gouvernement. Dans son intervention, il a insisté sur le rôle de contre-pouvoir que devra jouer l’institution parlementaire. « L’Assemblée nationale ne sera pas une chambre d’enregistrement », a-t-il martelé.

Sous sa direction, le Parlement sénégalais devra, selon ses mots, exercer pleinement ses missions constitutionnelles : vote des lois, contrôle de l’action gouvernementale et évaluation des politiques publiques. Sonko a également mis l’accent sur la transparence des finances publiques, la reddition des comptes et la défense de la souveraineté populaire.

Ce positionnement traduit une stratégie politique claire : rassurer sans renoncer à l’exigence de contrôle. En d’autres termes, éviter le chaos sans tomber dans la complaisance institutionnelle.

À Dakar, ce discours est déjà interprété comme une tentative de rééquilibrage politique après plusieurs mois de tensions et de fractures au sein de la sphère dirigeante. Reste désormais à voir si cette posture d’apaisement résistera à l’épreuve des futures batailles parlementaires.

Une chose est certaine : en prenant les commandes de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko veut projeter l’image d’un dirigeant déterminé à imposer une gouvernance de contrôle et de responsabilité, sans faire vaciller les institutions sénégalaises.