Parakou : Tricycles, insécurité routière et éclairage public défaillant, voici quelques leviers à réactiver face à la dérive. - Baraka News
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Parakou : Tricycles, insécurité routière et éclairage public défaillant, voici quelques leviers à réactiver face à la dérive.

Parakou : Tricycles, insécurité routière et éclairage public défaillant, voici quelques leviers à réactiver face à la dérive.

(Le temps des joutes électorales est désormais du passé, l’administration est une continuité)

En novembre 2021, nous écrivions : « Les engins à trois roues communément appelés tricycles ne sont plus autorisés à circuler entre 18 heures et 07 heures sur toute l’étendue du territoire de la commune de Parakou ». L’arrêté, signé par l’ancien Maire Inoussa Zimé Chabi, visait à contenir les accidents en période de faible visibilité. Quatre ans plus tard, le terrain renvoie une toute autre photographie. Bien sûr celle d’une régulation théorique face à une anarchie pratique.

Le principe de continuité administrative aurait dû garantir la pérennité et le renforcement de cette mesure sous l’actuelle mandature. Pourtant, sous la gestion du Maire Zul-Kifly Zakari, l’encadrement horaire apparaît largement contourné. Circulation nocturne non régulée, plus de contrôles sporadiques, sanctions peu visibles. Simple constat, l’arrêté de 2021 semble aujourd’hui relégué au rang de texte d’archive. Dans les faits, les tricycles continuent d’occuper l’espace urbain à toute heure, souvent en marge des règles élémentaires de sécurité.

Depuis 2021, le nombre de tricycles a connu une croissance exponentielle, portée par leur accessibilité et leur rôle dans l’économie locale. Mais cette expansion s’est opérée sans dispositif de régulation robuste. Conséquences observées sur le terrain : -Non-maîtrise du code de la route ; – Excès de vitesse en agglomération ; – Conduite sans phares ou avec éclairage défectueux ; – Surcharge et chargements hors gabarit ; – Présence de conducteurs non formés ; etc.

À cette indiscipline s’ajoute un facteur aggravant: le déficit d’éclairage public. Plusieurs axes de la ville sont dans une semi-obscurité dès le crépuscule, réduisant considérablement la visibilité. Un autre paradoxe est saisissant, des engins parfois dépourvus de phares évoluent dans des zones insuffisamment éclairées sans inquiétude, ni crainte d’interpellation. Une double défaillance qui transforme la circulation nocturne en zone de risque permanent.

Entre tolérance et impunité, le signal est brouillé

Sur le plan opérationnel, la mobilisation des forces de l’ordre reste en deçà des enjeux. L’absence de contrôles systématiques et de sanctions dissuasives entretient une perception d’impunité chez bon nombre de ces conducteurs. Dans cet environnement, l’indiscipline cesse d’être une exception pour devenir une norme tolérée. Et lorsqu’une norme déviante s’installe, elle reconfigure durablement les comportements collectifs.

Face à cette dérive normalisée, une interrogation s’impose : qui pilote encore la régulation urbaine à Parakou ? Entre textes existants et réalité de terrain, le fossé est là et se creuse davantage. L’arrêté de 2021 n’a pas vocation à rester une archive administrative. Il engage une continuité d’action que l’équipe municipale actuelle ne peut éluder. Dans une ville où la mobilité informelle s’impose comme un levier économique, l’absence de régulation efficace n’est plus une simple faille mais une prise de risque collective.

Le temps des joutes électorales appartient désormais au passé. Place à la gouvernance opérationnelle. Les autorités locales, sous la houlette du Maire Zul-Kifly Zakari, sont attendues sur des résultats concrets et mesurables. À défaut d’une répression structurée, constante et dissuasive, c’est un impératif de communication publique qui s’impose. Il faut sensibiliser, encadrer et responsabiliser. Radios de proximité, relais communautaires, syndicats de conducteurs, leaders d’opinion, tous les canaux doivent être activés pour restaurer un minimum de discipline. Car à Parakou, l’urgence n’est plus de constater les dérives, mais de reprendre le contrôle de l’espace public. Une ville qui banalise l’indiscipline finit toujours par institutionnaliser le désordre.