Au meeting de vulgarisation du programme de société de Romuald Wadagni, l’ancien Député Charles Toko n’a pas fait dans la dentelle. L’Ancien Maire a choisi une rhétorique audacieuse, presque déroutante celle d’installer Romuald Wadagni dans les pas du Feu Hubert Maga, premier Président de la République du Bénin anciennement Dahomey. Rien que ça.
Premier levier : l’ancrage identitaire. Wadagni serait « enfant de Parakou », façonné à Banikani, donc légitime par essence. Une fibre sentimentale activée sans détour, au risque de froisser les bastions électoraux d’en face. Mais en politique, l’émotion reste une monnaie forte.
Deuxième étage du discours: la comparaison historique. En rappelant que Hubert Maga a marqué la ville avec le Centre Hospitalier Départemetal (CHD), Toko glisse subtilement que le projet de Centre Hospitalier International (CHIC) porté par Wadagni s’inscrit dans cette continuité. Traduction implicite de ce pan de son intervention, Wadagni serait une forme de prolongement, voire de « réincarnation » politique. Une analogie puissante… mais hautement discutable.
Enfin, le clou politique : l’ouverture. L’annonce d’une campagne à Parakou avec Chabi Yayi, fils de Thomas Boni Yayi, dont il serait inutile dans ce texte de revenir sur l’actualité récente, sonne comme un signal de recomposition. Derrière l’effet d’annonce, un message demeure. Clairement le leader incontesté au sein du Bloc Républicain appelle à dépasser les clivages pour vendre l’image d’un consensus national en commençant par Parakou.
Au final, Toko ne fait pas que soutenir un candidat. Il tente de fabriquer une narration, celle d’un Wadagni enraciné, héritier symbolique et catalyseur de paix. Reste à savoir si l’électorat achètera cette équation politique… ou la trouvera un peu trop bien scénarisée.



