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Parakou : Réponse aux lectures sélectives de la lettre ouverte de la jeunesse du 1er arrondissement

Parakou : Réponse aux lectures sélectives de la lettre ouverte de la jeunesse du 1er arrondissement

(Une fois encore le procès d’intention remplace le débat)

Le débat politique gagne généralement en volume et il perd en justesse analytique très souvent à Parakou. Plusieurs tribunes depuis ce matin contestent la légitimité de la Lettre ouverte de la jeunesse du 1er arrondissement en est une illustration éloquente. Sous couvert d’analyses historiques et d’un plaidoyer contre les « équilibres artificiels », les auteurs se sont surtout livrés à un exercice classique mais risqué du procès d’intention.

Clarifions avant tout propos un point fondamental. La lettre incriminée par plusieurs n’a jamais prétendu ériger l’appartenance à un arrondissement en dogme politique, encore moins en règle constitutionnelle. Elle n’a pas non plus revendiqué une mairie comme un dû mécanique. Elle a posé une question politique légitime, celle de la cohérence entre engagements pris, dynamiques construites et actes posés. Rien de plus. Rien de moins.

Réduire cette démarche à une manipulation orchestrée par des « chapelles en difficulté » relève davantage de la spéculation que de l’investigation. L’on gagnerait à interroger les faits ; il s’affaiblit lorsqu’il fabrique des intentions sans preuves tangibles.

Oui, Parakou a connu des Maires issus du même arrondissement à des périodes données. Oui, la ville n’a pas implosé pour autant. L’histoire n’est pas une carte joker. Mais convoquer ces épisodes comme argument définitif revient à oublier que le contexte politique n’est jamais figé. Les configurations partisanes, les rapports de forces, la maturité citoyenne et les attentes sociales évoluent. Ce qui était politiquement tolérable hier ne devient pas automatiquement pertinent aujourd’hui. L’histoire éclaire le présent ; elle ne l’absout pas de toute réflexion critique. Brandir Samou Adambi, Rachidi Gbadamassi, Charles Toko ou Zimé Chabi comme des contre-arguments définitifs revient à faire de l’histoire un alibi, pas un outil d’analyse.

La jeunesse n’est pas un paravent

Qualifier la jeunesse du 1er arrondissement de « supposée » ou « instrumentalisée » est une facilité rhétorique aussi commode que dangereuse. Depuis quand la jeunesse n’a-t-elle droit à la parole que lorsqu’elle applaudit en silence ? Depuis quand l’expression politique devient-elle suspecte dès lors qu’elle dérange des équilibres confortables ?

La jeunesse évoquée dans cette lettre n’a ni appelé à la rue, ni menacé la paix sociale, ni posé d’ultimatum. Elle a rappelé, avec un langage mesuré, que la crédibilité politique repose sur la fidélité à la parole donnée. Traiter cela comme une stratégie d’influence relève davantage de la peur du débat que de sa maîtrise.

Le cœur du sujet n’est ni le 1er, ni le 2ᵉ, ni le 3ᵉ arrondissement. Le cœur du sujet, c’est la gouvernance politique d’une ville qui a appris à lire entre les lignes. C’est la capacité d’un parti à gérer ses équilibres internes sans fragiliser sa base. C’est la responsabilité morale de ceux qui ont sollicité l’engagement militant et citoyen.

À force de vouloir disqualifier la question territoriale, certains passent à côté de l’essentiel, la question de la confiance. Et en politique, la confiance perdue coûte toujours plus cher que n’importe quel calcul stratégique.

L’attaque contre des « dinosaures politiques » recyclés et des « néophytes sans boussole » relève davantage du règlement de comptes que de l’analyse politique sérieuse. Parakou mérite mieux qu’une opposition caricaturale entre anciens diabolisés et nouveaux sanctifiés. La compétence ne se décrète ni par l’ancienneté ni par la nouveauté, mais par la capacité à produire des résultats.

Débattons. Ne disqualifions pas. La démocratie locale se renforce quand les débats sont francs, argumentés et respectueux. Elle s’affaiblit lorsque toute interpellation devient suspecte et toute parole critique assimilée à une manipulation. La lettre n’est ni une menace, ni un chantage, ni une mise en scène. C’est une interpellation politique dans un espace démocratique. La combattre par le soupçon plutôt que par l’argumentation, c’est déplacer le débat sans le résoudre. Parakou n’a pas besoin d’équilibres artificiels. Elle a besoin de cohérence, de courage politique et de respect des engagements. Le reste n’est que littérature… parfois brillante, mais souvent éloignée de l’essentiel.