À peine les résultats des élections communales et législatives proclamés que Parakou replonge dans un vieux réflexe politique : la guerre des leaders. Officiellement, les figures dominantes se seraient abstenues de toute candidature. En réalité, elles ont simplement déplacé le champ de bataille. Le combat n’est plus direct, il est délégué. Analyse
Dans les différentes formations politiques, chacun a su positionner son “joker”, tel un coach lançant son dernier atout pour le match décisif. Une stratégie légitime en soi, mais dont le coût politique interroge. Car derrière ces candidatures se recyclent souvent de vieilles rivalités, des calculs d’influence et des guerres d’ego que Parakou traîne comme un boulet depuis trop longtemps.
La nouveauté, cette fois, réside ailleurs. Au-delà des discours policés et des communiqués de façade, un scénario bien connu se dessine déjà : celui de la fabrication d’un bouc émissaire. À mesure que se profile la désignation des exécutifs communaux et municipaux, le Président de la République, Patrice Talon, semble tout désigné pour endosser la responsabilité des choix locaux… qu’ils soient contestés ou non.
Le mécanisme est rodé. Les leaders décident, proposent, imposent parfois. Puis, face à la grogne ou à la contestation, le récit change : “le choix vient d’en haut”. Une posture confortable, mais profondément déresponsabilisante. D’autant plus que, dans les faits, le Chef de l’État laisserait une marge réelle aux leaders régionaux et communaux pour orienter leurs choix politiques.
À Parakou, la guerre des leaders ne disparaît pas à Parakou surtout au regard du déroulement de l’actualité locale; elle se transforme. Elle devient plus subtile, plus institutionnelle, mais tout aussi pesante pour la gouvernance locale. Et pendant que chacun se prépare à pointer du doigt, une question demeure : la ville est-elle en train de choisir un exécutif porteur de vision, ou simplement de rejouer ses vieilles batailles sous de nouveaux visages ? Le débat est ouvert. Et il mérite mieux que des responsabilités fuyantes.



